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lundi 17 juin 2013

Anamorphose



Des aliments et des hommes

Sculpture, moulage d'intérieur de poivrons



parpaing de cire, poupée de bronze



Terrain suspendu




Terrain suspendu

Présenté lors de l'exposition, football et immigration, à la CNHI à Paris, ce terrain suspendu évoque une image flottante : présente mais invisible, à l’instar de la réalité méconnue des coulisses du football. En effet, le visiteur ne perçoit pas au premier abord ce « terrain » qui le surplombe. Les vêtements noués qui le composent, sont porteurs d’histoire et vecteurs de souvenirs. Ils sont le symbole du naufragé qui, seul en mer, utilise sa chemise comme étendard ou encore du fugitif s'aidant d'une liane de vêtements pour s'enfuir.
Le terrain suspendu est un plaidoyer pour des oubliés, qui nous invite à regarder « sous la surface » du football en initiant une réflexion sur l’envers du décor. Il agit comme un miroir vis à vis des autre œuvres épousant l'espace de ce hall tout en hauteur. Au-delà de la dimension fraternelle qui se dégage des vêtements colorés noués entre eux, un sentiment tragique nous parcours, celui d'habits sans corps, inhabités presque macabres. Ils transfigurent un passé, une histoire, une mémoire.

Arcane n°22: La Ruine







                           Arcane n°22 : la Ruine



           Il s'agit ici d'un projet avorté, qui consistait au préalable à représenter les vingt-deux arcanes du destin (cartes du tarot). En effet, trois seulement ont été réalisées. Les autres toiles sont restées vierges. Elles sont compactées trois par trois, avec du carton marron et de l'adhésif orange, de matières peu « nobles ». Les paquetages sont exécutés à la va-vite, machinalement, contrastant avec les toiles blanches, correctement manufacturées, de lignes élégantes, vierges. Ces toiles en transition sont prêtes à partir à la poubelle ou peut-être attendent-elles d'être achevées. Révèlent-elles un non-dit? Est-ce l'impossibilité d'envisager vingt-deux paysages d'un monde que nos mœurs ne veulent pas métaphysique, ésotérique, chargé de destin et transcendant? Peut-être que le monde dans lequel nous vivons préfèrerait des paysages plus sociaux, raisonnés mais décalés, kitsch pour ne pas se prendre au sérieux, d'une surface remplie d'absence, de vide.

    Cette installation, typiquement contemporaine dans sa fabrication, témoigne de mon renoncement à la peinture. C'est une mise à mort de mon propre travail, comme d'un homme qui arrêta d'écrire après vingt-sept livres. Construisant positivement ma propre ruine, ces toiles fabriquées à ne pas être peintes, suggèrent tout de même une image. La carte numéro sept, « Le chariot » symbolise le changement, le passage d'un état à un autre. Ici, elle est représentée par un avion-obus sur un tarmac glissant, prêt à pénétrer une des deux tours en arrière-plan. L'avion est prêt lui aussi à construire sa propre ruine à l'image de la tour de Babel. Sauf qu'ici la tour est rectangulaire, droite, fière d'être debout, comme ces toiles assemblées trois par trois. Sept pavés architecturaux qui attendent la couleur qui leur sera refusée, bâillonnés pour n'avoir rien dit, recevant le châtiment de n'être qu'une installation.


      Ce fut le dernier et unique travail présenté lors de mon bilan de 5ème année à l'école des Beaux-arts. J'ai sabordé cinq années de travail. J'ai risqué mon diplôme sur cette réalisation kamikaze et payé le prix de ma liberté d'action. J'ai voulu jouer ma dernière carte en retournant mes échecs à mon avantage, comme avec ironie et roublardise, un moudjahidin triomphe d'avoir perdu la guerre.